Bourse & Finance

Trading haute fréquence : Sanctions de l’AMF contre Euronext et Virtu

L’Autorité des marchés financiers a infligé une sanction contre l’opérateur de la Bourse de Paris et l’entreprise spécialisée dans le trading à haute fréquence pour maniement de cours.

Un fait inédit

La sanction formulée, ce mardi matin, par la Commission des sanctions de l’AMF, à contre Euronext, l’entreprise de marché européenne, et de Virtu, un trader américain agissant spécialement dans le trading haute fréquence autrefois dénommé MTE (Madison Tyler Europe), est unique.

Cette sanction est exceptionnelle de par l’amende qui est très élevée. En vérité, Euronext doit payer 5 millions d’euros et Virtu, doit payer plus. Notamment quand le comité de l’AMF, qui gère les dossiers, n’a lui, demandé, début novembre, en audience publique, que 4 millions d’euros contre Euronext et 5 millions contre Virtu. Il est très rare aussi que la Commission des sanctions soit aussi sévère que le Comité lui-même, qui met, toujours, délibérément la barre assez haut.

Rarissime, ensuite, cette décision l’est, parce qu’elle est prescrite à un opérateur de marché Euronext, l’entreprise de bourse historique par celle-là même qui bénéficiait avant la segmentation des marchés en 2007 d’un avantage. Pour finir, c’est aussi une première dans ce domaine car c’est rare que le juge de l’AMF s’en prenne à un acteur du trading haute fréquence, ces traders qui, à travers des ordinateurs très puissants, passent plusieurs ordres en un temps record. Aussi, sur le délit reproché à Virtu, qui a manipulé le cours, c’est une infraction qui est quelquefois sanctionné car rarement difficile à prouver.

Du jamais vu

En fait, tout commence en 2009 quand Euronext est accusé de n’avoir pas respecté ses « obligations professionnelles », en « n’agissant pas avec impartialité, ni avec équité, dans le respect de la plénitude du marché ». Ces reproches sont relatifs à un avantage commercial qu’elle a donné à Virtu, arbitrairement.
Virtu est sanctionné pour avoir manœuvré les cours de 27 titres de l’indice CAC 40, entre le 21 juillet et le 2 septembre 2009, soit pendant 32 séances de bourse. MTE, acquit après par VIrtu, avait alors déployé une stratégie d’arbitrage qui permettait, grâce via un algorithme à profiter des écarts de prix entre les différentes plateformes issues du morcèlement des marchés.

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Magalie
Passionnée de Finance et des marchés financiers